La Chine investit 10 millions de dollars dans le cannabis médical au Liban

La Chine investit 10 millions de dollars dans le cannabis médical au Liban

Le marché mondial du cannabis médical continue d'attirer les investissements internationaux. Dernier exemple en date : la Chine vient de soutenir un projet majeur au Liban avec un financement de 10 millions de dollars destiné à créer le premier laboratoire public de recherche consacré au cannabis médical. Une étape importante pour un pays qui a légalisé cette culture dès 2020, mais dont la filière reste encore largement à construire.

Un laboratoire public pour structurer la filière

L'accord a été signé à Beyrouth entre les autorités libanaises et la société Zhonghua Lianchuang International Holding Co., Ltd., basée à Hong Kong.

Le financement permettra d'installer un laboratoire au sein de la Faculté d'agronomie de l'Université libanaise, sous la supervision de l'Autorité de régulation du cannabis.

Près de 4 millions de dollars seront consacrés aux équipements scientifiques. Le reste financera la formation des équipes, l'assistance technique ainsi que la mise en ligne des résultats d'analyses afin d'améliorer la transparence du secteur.

L'objectif est également d'obtenir la certification ISO/IEC 17025, référence internationale garantissant la fiabilité des analyses réalisées par les laboratoires.

Préparer un marché tourné vers l'export

Au-delà de la recherche, ce laboratoire doit devenir un véritable outil de développement économique.

Ses missions seront nombreuses :

  • analyser les variétés locales de cannabis médical ;
  • améliorer les génétiques cultivées au Liban ;
  • constituer une base de données nationale des variétés autorisées ;
  • référencer les producteurs agréés ;
  • contrôler la qualité des productions destinées à l'export.

Dans le secteur du cannabis médical, les marchés internationaux imposent des exigences très élevées en matière de qualité, de traçabilité et d'analyses. Sans infrastructures scientifiques solides, il est difficile pour un pays de devenir un acteur crédible auprès des laboratoires pharmaceutiques étrangers. Qu'en est t'il de la du cannabis médical en france ? 

Un investissement stratégique dans un contexte économique difficile

Cette coopération intervient alors que le Liban cherche à relancer son économie et à attirer davantage d'investissements étrangers.

Le partenariat s'inscrit dans une collaboration plus large entre le Liban et la Chine, qui comprend également le développement des technologies agricoles, notamment l'utilisation de drones pour moderniser certaines cultures.

Le cannabis médical apparaît ainsi comme une filière à fort potentiel, capable de créer de la valeur ajoutée grâce à la recherche, à l'innovation et aux exportations.

Une réglementation toujours en attente

Malgré la légalisation de la culture du cannabis médical et industriel en 2020, la filière libanaise reste aujourd'hui bloquée par des retards administratifs.

Le cadre réglementaire préparé par l'Autorité de régulation attend toujours sa validation définitive. Les tensions géopolitiques dans la région ont également ralenti le déploiement des différentes mesures nécessaires au lancement effectif du marché.

Autrement dit, le Liban dispose désormais d'un projet scientifique ambitieux, mais il lui reste encore à finaliser son cadre juridique avant de pouvoir développer une véritable industrie du cannabis médical.

Ce qu'il faut retenir

Cet investissement chinois illustre une tendance observée dans de nombreux pays : avant de développer un marché du cannabis médical, les États cherchent à renforcer leurs capacités de recherche, de contrôle et de certification.

Pour les professionnels comme pour les patients, la qualité des analyses et la traçabilité deviennent des éléments essentiels de crédibilité. Une évolution qui concerne plus largement l'ensemble des produits à base de cannabinoïdes, qu'il s'agisse de cannabis médical ou de molécules issues du chanvre comme le CBD, le CBG ou le CBN, dont la qualité repose elle aussi sur des analyses rigoureuses réalisées par des laboratoires indépendants.

Alors que de nouveaux marchés émergent partout dans le monde, le Liban espère désormais transformer son potentiel agricole historique en une filière médicale capable de répondre aux standards internationaux et de s'imposer à l'export.


0 commentaire

Laissez un commentaire